Quand les élus de la Région Bretagne et les nouveaux concessionnaires de l’aéroport de Rennes-Bretagne (CCI, Vinci, Sealar) s’engagent pour l’amélioration économique, touristique, universitaire et écologique de Haute-Bretagne, quand ils s’engagent pour le désenclavement euro-méditerranéen de la Bretagne, quand ils présentent un vaste plan de réaménagement de l’aire aéroportuaire rennaise, quand ils s’engagent pour un meilleur rendement écologique des installations aéroportuaires, quand ils invitent les élus de la Métropole à la présentation de leurs objectifs…
….Que font les élus de la Métropole rennaise ?
Ils déclinent !
A) Les élus de la Métropole, invités le lundi 12 octobre dernier à l’aéroport de Rennes-Bretagne par :
– Monsieur Chesnais-Girard, Président de la Région Bretagne
– Le Vice-Président M. Quernez chargé des mobilités en Bretagne,
– Le Président de la Chambre Consulaire d’Ille-et-Vilaine CCI, Monsieur Crocq,
– Monsieur le Directeur Général de Vinci Rémi Maumon de Longevialle,
– Mme Fanny Charles représentant Sealar,
ont décliné l’invitation à la présentation de la nouvelle concession des aéroports de Rennes et Dinard.
Pas un seul élu de la Métropole n’a désiré prendre connaissance des projets que conduisent ensemble le Conseil Général de Bretagne et ses nouveaux contractuels pour donner aux brétiliens les moyens du développement économico-industriel de leurs aéroports[1] et pour le désenclavement aérien euro-méditerranéen de la région. Pour la Métropole, ce n’est pas un sujet ! Donc, elle décline !
B) Une absence inquiétante : Elle s’inscrit dans une politique métropolitaine sans implication, comme si ses élus en responsabilité se détournaient des emplois, de l’attractivité européenne de la Métropole, du développement industriel ou commercial de la Région et des ressources précieuses que peut favoriser un aéroport régional international situé idéalement au carrefour de toutes les opportunités rennaises.
L’ADARB avait déjà signalé certains manquements de la Métropole. Par exemple :
– L’indigence des panneaux de signalisation routière vers l’aéroport de Saint-Jacques,
– La suppression annoncée de la ligne C6 devant les portes de l’aérogare pour laisser la place à un bus-tram éloigné, sans amélioration écologique, sans gain de temps et sans lien direct aéroport/gare SNCF.
– Le désintérêt pour les ressources en retombées économiques dont la Métropole a pourtant besoin si elle voulait aussi asseoir une politique sociale durable [2]
En outre, pour nombre de ses élus soucieux de préserver l’environnement, pourquoi font-il fi des tonnes de GES dispersées par des brétiliens obligés de prendre leur avion à Nantes[3] mais qui pourraient être diminuées en partant de Rennes ?
Pourquoi ne s’intéressent-t-ils pas au programme qui doit placer RNS à l’avant garde de la décarbonation[4] ?
Pourquoi n’encouragent-ils pas la production d’électricité renouvelable sur l’aire aéroportuaire[5]? Pourquoi ne s’intéressent-ils pas aux atouts écologiques de l’aéroport ? Pourquoi s’éloigner de tous ces projets enthousiasmants ?
A la Métropole de Rennes, l’écologisme serait-il préféré à l’écologie ?
Retrouver de l’envergure
L’ADARB suggère quelques pistes pour que la Métropole s’associe aux efforts de la Région Bretagne afin de réduire l’enclavement euro-méditerranéen de la Bretagne.
Entre autres :
1- La Métropole de Rennes peut, si elle le veut, en association avec l’Etat, la Région, et la SEARD, organiser sur l’aire de l’aéroport de Rennes une Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) spécifiquementdédiée à des fins économiques et énergétiques : Hôtellerie notamment, gare routière, production énergétique, etc.
2- Elle pourrait reprendre l’idée de la « Marque Rennes » en tant que destination touristique, d’affaires et culturelle comme à l’époque où la Mairie travaillait encore à renforcer l’attractivité rennaise en Europe. A cet égard on peut rappeler qu’en 2018 pour le lancement de la ligne Rennes-Genève, « Destination Rennes » avait fait connaître notre métropole à l’étranger. Alors maintenant pourquoi pas une campagne « Destination Rennes » à Milan ?
3- Pour l’ADARB les élus de la Métropole devraient réagir et saisir les opportunités pour relancer la vocation euro-méditerranéenne de la capitale bretonne, s’associer à la région et aux efforts des gestionnaires de l’aéroport pour trouver de nouvelles ressources utiles pour conduire, entre-autre, une vraie politique économique, environnementale, énergétique et, in fine, sociale.
Résumé
En marquant son désintérêt pour l’Aéroport de Rennes-Bretagne, la Métropole va à l’encontre de son attractivité en Europe et de ses intérêts économiques, touristiques, sociaux et même … environnementaux !
Plus positif, l’ADARB donne quelques pistes, pour que la Métropole en association avec l’Aéroport de Rennes-Bretagne, prenne part à l’essor économique du bassin rennais, à celui de la Haute-Bretagne, à son amélioration environnementale et au désenclavement de notre région.
[1] Rennes et Dinard
[2] Chaque million de passagers c’est 1000 emplois crées et 150 millions d’Euros de retombées économiques sur place
[3] C’est 22 000 tonnes de Co2 libérées dans la nature par le simple transfert routier des bretons partis à Nantes prendre leur avion.
[4] Stratégie aéroportuaire régionale – Rapport définitif
[5] Cela fait des années qu’ils auraient pu impulser la mise en place d’ombrières photovoltaïques que l’ADARB avait documenté il y a quelques années.

