La Région Bretagne vient de décider avec quel opérateur elle signera la prochaine Délégation de Service Public pour l’exploitation de l’aéroport de Rennes-Bretagne.
Désormais les responsables politiques de la Région Bretagne chargés des mobilités (Le vice-Président Mickaël QUERNEZ et le Président Chesnais-Girard) ont définitivement arrêté le choix de l’opérateur chargé d’exploiter l’aéroport de Rennes- Bretagne pour les 15 ou 20 années qui viennent. L’annonce publique est prévue pour début juillet. Il devra être opérationnel à partir de la rentrée 2027.
L’opérateur retenu s’est donc déjà engagé à respecter les objectifs fixés par la Région … dont celui d’atteindre un trafic de 1 million de passagers par an à l’horizon 2030/2031. Soit une progression de 100 000 passagers chaque année sur 4 à 5 ans. (Notons qu’en 2019 l’aéroport de Rennes a vu passer près de 850 000 passagers sur le tarmac rennais contre les 512 000 aujourd’hui).
Cette progression est donc réaliste mais réclamera un effort financier important pour attirer de nouvelles compagnies à « bas coût ».
L’opérateur désigné doit disposer d’une
– plus large délégation que son prédécesseur,
– de fortes capacités d’investissement,
– d’un professionnalisme déjà éprouvé,
– d’une plus grande indépendance de décision par rapport à Nantes-Atlantique.
Pour nous, l’opérateur qui répond le mieux à cette définition est Eiffage. Pour les raisons suivantes :
a) Vinci : Quel résultat ?
Si la Région maintien le candidat VINCI dans ses fonctions, ce sera la reconduction d’un opérateur déjà dans la place depuis plus de 16 ans à Rennes. Sans résultats vraiment probants jusqu’ici. Vinci a depuis deux ou trois ans, avec l’espoir d’être reconduit dans ses fonctions, tenté de prouver sa capacité à obtenir rapidement des résultats durant la période de 2025-2026.
Au total le bilan de cette période probatoire a été mince : un trafic stagnant autour 500 000 pax/an depuis 5 ans. Malgré le rêve du Président Chesnais-Girard de voir une sorte de « mutualisation » des trafics entre Nantes et Rennes, VINCI, opérateur sur les deux sites n’a pas su montrer sa capacité à inverser le ralentissement de l’aéroport rennais depuis 2019. VINCI opère principalement à Nantes et n’a pas fait montre jusqu’à présent d’une grande motivation pour le développement de l’aéroport rennais… On peut lui trouver l’excuse d’avoir été associé à la CCI majoritaire au sein de la SEARD et par une Région Bretagne dont les ambitions étaient, il y a peu encore, figées dans l’époque révolue1 de NDDL.
b) Alors Eiffage : quels atouts ?
La nouveauté viendrait du choix de EIFFAGE. L’ADARB2, a déjà signalé l’intérêt que peut offrir cet opérateur. En voici quelques arguments :
– Eiffage déjà aux commandes à Toulouse et à Lille a besoin de s’implanter sur un nouveau site français à gros potentiel. C’est justement le cas de Rennes, aéroport jusqu’ici sous exploité.
– Cet opérateur en a les capacités financières,
– Présent à Rennes, Eiffage devra démontrer, face à la rivale nantaise, sa capacité à implanter un troisième aéroport d’importance en France.
Nous considérons aussi que la CCI, si elle devait aussi figurer parmi les actionnaires ne devrait plus trouver qu’une place minoritaire – nous imaginons autour de 15 à 20% – ce sera largement suffisant.
En conclusion et au risque de nous voir contredit par les faits – l’ADARB n’est pas dans le secret des dieux et n’a pas accès à l’ensemble des enjeux régionaux, politiques, financiers – notre association imagine EIFFAGE remporter la compétition face à son rival. Un choix qui nous paraît fructueux pour l’intérêt économique, touristique, universitaire comme écologique3 de la Haute-Bretagne
Et si, par la « force de l’habitude », la Région maintien VINCI comme actionnaire principal de la SEARB, nous continuerons à maintenir le dialogue4 pour questionner, stimuler, encourager, proposer et réclamer un éco-aéroport euro- méditerranéen digne de la Capitale et Métropole bretonne.
Microsoft Word – Le choix de prochain opérateur est fixé.docx
1 Le choix décidé il y a 20ans de NDDL
2 ADARB Association pour le Désenclavement Aérien de Rennes-Bretagne rassemble des usagers et des bretons désireux à Rennes d’un aéroport régional euro-méditerranéen.
3 Nous avons montré que le développement du trafic à Rennes aux dépens de Nantes pouvait contribuer à diminuer le rejet de Co2. Voir : adarb.fr.
4 Un dialogue entre l’ADARB et VINCI, par l’intermédiaire de son directeur ou de ses représentants, sujet à des « sautes d’humeur quelques fois », est bien installé dans un climat de respect mutuel.

